Caresses du cœur

11122010

 

 » Amal….Je le dis et ça m’emplit. Je n’avais jamais cru qu’un jour le seul fait de prononcer un prénom, de le penser me comblerait autant d’amour. »

Le soleil se lève sur mon âme; son jardin est en fleur. En cette période de sa vie, elles n’ont jamais été aussi belles. Leur senteur embaument l’air du parfum de l’amour emporté dans les moindres recoins par ton zéphyr. Une douce langueur m’enveloppe et je m’allonge avec la nonchalance de ces nobles romains, emporté par le ravissement qui me submerge. Tout autour de moi n’est qu’adoration, que dévotion en l’honneur de ma déesse. Une ovation perpétuelle à la magnifique nymphe de ces lieux. Je ferme les yeux le temps de savourer ce délice, le temps d’imprégner chaque infime parcelle de mon être de cette douce félicité…..et, tout d’un coup, c’est une immense explosion de sens comme si un million de papillons battaient des ailes en même temps quelque part dans mon ventre. Une efflorescence de couleurs, un torrent incoercible de volupté. J’ouvre les yeux, retenant mon souffle…Tu es là, penchée sur moi…Dieu que tu es belle!! Tes yeux brillants de mille feux amoureux se posent sur les miens, me caressent, me racontent le temps d’un regard les plus beaux romans d’amour et je t’aime…je t’aime comme on viendrait au monde, je t’aime avec un début et une durée. Pas comme une description ponctuelle d’un état pas comme on dirait « je suis heureux » ou « je suis rentré », non…Je t’aime d’une manière durative je t’aime comme on dirait « je vis » je t’aime comme on dirait « j’existe » je t’aime pleinement. Tout mon corps n’est plus qu’une pulsion spirituelle focalisant toute son énergie à accomplir et parfaire la mission pour laquelle il est venu au monde: t’aimer comme tu le mérites, t’aimer comme jamais personne n’a été aimé jusqu’à présent. Tout cela, je l’ai pensé et senti l’espace d’une seconde, tu sais, ce moment de suspension cosmique au delà de l’espace et du temps où tout se fige comme au ralenti, cet instant magique précédant immédiatement celui d’après où tes lèvres se posèrent sur les miennes faisant de moi, par l’entremise de ce baiser féerique, l’homme le plus heureux sur cette terre!

 » Amal….Deux syllabes qui rythment les battements de mon cœur. Deux petits coups de linguistique biologique ponctuels et tout aussi essentiels. »




Le parfum

8062010

 

Douce tribade, princesse des plaisirs saphiques

Je me complais dans la volupté de tes jeux pervers

Tu me crées femme; reine parmi les nymphes antiques

Délaissant les nymphes, préférant mes étreintes phalliques

Toi la sublime, ô ma sublime rousse aux yeux verts!

 

De tes yeux j’aime les caresses émeraudes et argentées

Pénétrantes flèches, suaves traits d’or et de lumière

Aucun homme, aucun dieu même pas le vieux Protée

N’a pu t’égaler en grâce inimitable beauté

Toi la divine, ô ma divine rousse aux yeux verts!

 

Penchée sur mon corps, lascive et dangereuse

Tes mains connaissent l’Art qui me damne et me perd

Ton poison est nectar,  safre succube sulfureuse

Quand pour me fêter ta langue me fouille, ton bassin se creuse

Toi la  la délicieuse, ô mon onctueuse rousse aux yeux verts!

 




Répondez-moi!

22022008

 

        Parfois, au cours de l’une de mes fréquentes escapades mentales, il m’arrive de me poser des questions d’ordre « esthétique ». Chose très commune il est vrai dans de pareils états d’âme, mais n’empêche que ces questions me perturbaient au point de me pousser à me munir d’un crayon et à écrire. Ces questions avaient principalement trait à la conception humaine du sens de la vie. À notre manière d’appréhender le vécu et les différents événements qui le composent, mais aussi aux limites que nous impose notre cerveau, notre religion, notre culture et notre environnement dans notre quête à la recherche de La réponse. Personne ne pourra nier le fait que la réalité est beaucoup trop complexe pour ne présenter qu’une seule et unique interprétation d’elle-même. Elle est plutôt composée de facettes. D’autant de facettes que de lieux de discernement et de points de vue où peut nous juché notre intelligence. Il en découle donc que chaque personne a sa propre perception et explication d’un phénomène donné selon son éducation et sa personnalité. Atticisme ou homosexualité ? Candeur ou malice ? Raison ou folie car, en fin de compte, c’est bien de cela dont il s’agit : Suis-je (sommes-nous) fou(s) ?? D’aucuns -hégéliens de réflexion- diront que c’est un fin et habile dosage des deux. Qu’on ne peut vraiment être l’un sans être l’autre. Et que c’est dans la perpétuelle transformation et lutte des opposés que s’opère l’épanouissement : Éros et Thanatos se confondent mutuellement pour ne former au final qu’une seule pulsion. Cette vision, de loin sagace et pertinente, ne présente néanmoins pas le mérite d’être concrète et patente. À défaut d’être unis, ces deux royaumes sont séparés par une mince et menue ligne de démarquage, laquelle ligne est aisément franchie avec l’aide d’un inconscient conditionné par les facteurs précédemment cités. Ce qui revient à dire que fou ou pas fou, là est la vraie question puisque tel est fou qui se croyait sage et tel est sage qu’on nommait fou.

 

 




Cumulus

22022008

Sublime toile céleste, étalée humblement devant mon âme assoiffée. Mon regard se perd, se confond et s’évapore pour s’unir aux harmonieuses notes dégagées par la divine peinture. Je ferme les yeux et me retrouve au milieu de tumultueux nuages, d’une éclatante blancheur. Une sensation enivrante de vitesse et de légèreté; le froid n’a jamais été aussi réconfortant. L’onctueuse matière cotonneuse m’enveloppe et murmure à chaque parcelle de ma nudité un flot de paix voluptueuse, presque érotique. Jouissive, apaisante et inhumaine impression de totale sécurité, de parfaite solitude, de complet abandon.




Importun

21022008

        Une plume descend du ciel et effleure mon âme. Je pousse un cri. En espérant que son coeur ne l’ait point remarqué, je continue mon chemin mais loin devant moi, je la retrouve encore. Un saule pleureur au tronc noueux me sert de père; j’aime la rigidité de son écorce, j’aime les caresses de ses feuilles sur mon corps nu, j’aime quand il me prend dans ses branches et me berce. Je suis enfant et me laisse aller: point de pudeur. Devant lui un grand tapis de verdure où ça et là, telles des explosions de rêves, fleurissent les bouquets les plus inouïes de ma folie…




Tel est pris qui croyait prendre.

21022008

        Une immense forêt, une odeur insistante de framboise et de fruits rouges ; je succombe. Je suis le chaperon rouge, devant moi un loup. J’ai peur, peur de faire un mauvais pas et ainsi être dévoré ; je sais que je le serais littéralement car le loup est affamé. Je transpire, bloqué. Il ne me reste plus que la réflexion et je réfléchis ; je réfléchis à cent, à deux cents à l’heure. Pour l’instant, aucune solution. Il montre ses crocs, j’ai tellement peur que mes jambes tremblent : je tombe, il attaque et je saigne. Je ne ressens même pas la douleur tellement j’ai peur. Il revient en arrière et il se délecte. L’odeur du sang l’enivre et il commence à jouer. Il ne s’en rend même pas compte, c’est un jeu qui coule dans ses veines, dans ses muscles, dans son cœur ; un jeu ancestral depuis que Dieu a créé les loups. Il me regarde. Ses yeux me fascinent : la fascination de la mort. Je ne sais pas si je pourrais tenir jusqu’au bout. Tout dépend de lui maintenant. Moi qui croyais que j’étais immortel, je suis idiot plutôt. Je me demande s’il est sorti parce qu’il avait faim ou parce que j’ai fais trop de bruit. N’importe, il a fait revivre en moi le sentiment de la peur…je crois que je l’aime pour ça.




Baiser

21022008

À celle que j’ai toujours connue; à celle qui a façonné mon âme, qui a bu mes pleurs. À ma déesse en signe d’une profonde humilité, d’une pieuse adoration. « Baiser » donc à toi mon ange céleste.

Alors que le temps fuyait d’entre les bribes de mon passé

Et que la vie s’envolait d’entre les lignes de ma pensée

Alors que le destin s’acheminait vers mon âme tel un fantôme égaré

Et que ma solitude du fond de son gouffre hurlait effarée

Sur mes lèvres glacées errait encore le souvenir d’une caresse humide




« C’est étrange, même quand on savait que cela devait finir, quand c’est vraiment fini! »

21022008

        La fin approche. Je sens le souffle perfide de la perversité des sentiments. Je sens un parfum qui chante dans mon coeur la douce mélopée de la mort. Je sens un océan qui me fixe, qui me serre et qui me noie dans ses remous au travers de ces Yeux troublants. La force est synonyme de fièvre ; un cheval se cabre, sa crinière vole au vent. Un coeur palpite. Les Yeux s’allument : je jure que je me serais damné mille fois afin qu’ils me consument dans leur folie amoureuse. Cela n’arrivera que plus tard. Les Yeux se sont éteints. Une lettre. Tu pourras y lire tout ce que ma bouche refusa de dire. Non envoyée. De sombres nuages passent et la tempête soulève la poussière : les Yeux se ferment ; mon monde aussi.

        Un siècle s’est écoulé. Même décor, des ruines partout. Le rouge règne en maître absolu ; de la chaleur et puis plus loin, un contraste. Les reflets sanglants d’une lame me chatouillent de l’intérieur. Des couleurs naissent, se marient, se dédoublent et s’évanouissent tels des fantômes errants dans un puit sans fin. Une goutte tombe ; un son sépulcral; un contour blanc puis plus rien. Les Yeux se sont ré ouverts ; ma plaie aussi.

        Quelqu’un me prend la main, m’entraîne. Une suite de dédales, de ruelles, de rues, de bâtiments, de civilisations. Une vague impression de déjà vu. Les Yeux n’étaient qu’un prétexte : au delà une bouche, un sourire aussi, derrière lui, une langue. Plus entier, un visage, une forme, et puis oh dieu, un corps. Je perds la raison, la douleur est insurmontable. Ceci n’est plus humain…




Désespoir…

21022008

 

        Une pluie aride s’abat sur mon cœur telle une fontaine intarissable de regrets qui épanchait ses larmes de Jouvence pour en irriguer mon amour désespéré; et cependant, sa main flottait autour de moi. Mon âme est un sablier humide, oublié et maudit des cieux, un lieu lugubre et dévasté propice à l’éclosion des maux les plus enfuis. Un feu plus dément que la folie s’y est allumé et maintenant l’embrase, et il rit et il danse; il danse des mains, des pieds et de joie. La nuit tombe. De douces injures et d’apaisants tourments jaillissent encore de la braise ardente au reflet plus brillant que tout ce qui n’est pas ses yeux. Avec la nuit, des ombres noires errent, égarées sur les chemins tordus de la souffrance. Des arbres aux bras vengeurs s’enlacent courbés comme par l’effet d’un vent éternel et leurs plaintives plaintes s’élèvent de plus en plus acérées. Tout un monde de frustration. Et je m’enlise loin dans les infâmes fanges de ma douleur. Un miroir me regarde. Je lui renvoie son image: un cœur affligé. Un flot incoercible de pensées s’évade de mon esprit creusant un vide étrange et, au fur et à mesure, des mots s’ajoutent les uns aux autres formant une immense toile tissée d’incompréhension. Chaque mot étant imprégné de son odeur; une odeur tellement mélodieuse, plus mélodieuse même que tout ce qui n’est pas sa voix. Révolu le temps où je pouvais d’un claquement de doigt, d’un battement de ses paupières saigner à mort à ses pieds pour son cœur, rien que pour son cœur. La pluie continue. Des trombes d’eau s’écoulent et le Styx qu’elles créent s’insinue en moi. Dommage! Pas de Charon. Et je tremble et je me ronge et ça m’apaise. La foi tarit quand perce la lumière. Fin de l’acte.